Responsable des opérations de collecte de fonds privés @UNHCR France, Deborah Weyd revient sur la mission de cette agence des Nations Unies chargée de protéger les réfugiés, et qui teste le don par SMS dans son financement.
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Que représentent les dons dans votre financement ?
DW - Le HCR disposait en 2022 d’un budget de 5.9 milliards de dollars (56% du budget nécessaire), provenant à 80% de contributions volontaires des Etats, de l’UE, des Nations Unies mais également à 20% des contributions privées issues d’entreprises, de fondations ou d’individus.
En France, la collecte de fonds privés existe depuis quelques années et repose, pour les particuliers, principalement sur le digital, avec plusieurs milliers de donateurs.
Que ce soit parce qu’elles fuient la violence, la guerre, les persécutions, ou les ravages liés aux catastrophes climatiques, des millions de personnes déracinées ont besoin de nous. Les besoins ne cessent d’augmenter. Ces dons sont essentiels, notamment pour faire face à des urgences humanitaires soudaines, comme les récents tremblements de terre en Turquie et en Syrie ou encore la guerre en Ukraine.
Quel est votre retour d’expérience du don par SMS ?
DW - Lorsque la guerre en Ukraine a éclaté en février 2022, nous avons été accompagnés par Orange France et l’AF2M, - que nous remercions chaleureusement d’ailleurs - afin de mettre en place un numéro court, le 92303, pour collecter des dons en faveur des millions de personnes forcées de fuir l’Ukraine.
Grâce à une sollicitation des clients Orange et SOSH, nous avons pu collecter plus de 40 000 euros en une seule et même campagne, simplement en envoyant gratuitement le mot « don » au 92303 (5€ par don).
C’était une première opération SMS grand public pour le HCR en France, et ce mode de collecte pourrait se pérenniser, notamment pour collecter rapidement et efficacement des fonds, en cas de crise internationale soudaine.
Quelles sont vos perspectives sur ces canaux ?
DW - Aujourd’hui une part importante de nos échanges avec nos donateurs passe par le courrier électronique, mais ces canaux souffrent de taux d’ouverture de plus en plus faibles, et sont peu utilisés par les plus jeunes générations.
A l’inverse, nous constatons la montée en puissance des messageries mobiles, aussi bien pour communiquer avec les personnes déplacées, que pour échanger avec nos donateurs.
Et, pourquoi pas pour mettre en place des dons récurrents, essentiels à des organisations humanitaires comme le HCR, pour planifier nos actions à plus long terme et être le plus réactifs possible en cas d’urgence.