Longtemps resté dans l'ombre du SMS traditionnel, le RCS connaît une accélération fulgurante en France. Lors d'une table ronde réunissant Google, Orange, Intrum et Greenbureau, les experts ont décrypté comment ce nouveau canal transforme radicalement le recouvrement, la digitalisation des appels et la génération de leads.
Le "Big Bang" de l'interopérabilité
Le paysage de la messagerie mobile a basculé en 2025. Si le RCS était déjà présent sur Android depuis 2020, son arrivée sur les terminaux Apple a agi comme un catalyseur, faisant bondir le taux de compatibilité des smartphones à 85%, soit 52 millions de terminaux en France.
Pour Amélia Newsom-Davis, directrice d'Orange Pay Services, le RCS est au SMS ce que la télévision couleur était au noir et blanc. Contrairement aux applications tierces (WhatsApp, Messenger), le RCS est natif : il ne nécessite aucun téléchargement ni création de compte, tout en offrant une richesse de contenu inédite (images, vidéos, boutons d'action, carrousels).
La fin de l'usurpation d'identité : un canal de confiance
L’un des atouts majeurs du RCS réside dans la vérification des marques opérée par les opérateurs. Dans un contexte de recrudescence des fraudes bancaires, cet aspect est crucial. Chaque expéditeur est certifié, affichant son logo et son nom officiel, ce qui élimine le doute chez le destinataire.
« C'est un canal de confiance. Cet aspect branding renforce l'engagement du client car il sait exactement qui le contacte », souligne Amélia Newsom-Davis.
Le cas Intrum : le recouvrement à l’ère du "Friendly Messaging"
Le secteur du recouvrement de créances illustre parfaitement la puissance du canal. Vincent Gérard Saigne, directeur commercial chez Intrum, explique que le RCS a permis de passer d'une communication descendante à une interaction fluide.
Les résultats sont sans appel : sur des créances simples (B2C, petits montants), le RCS génère un taux d'engagement bien supérieur au SMS. Grâce aux boutons de réponse, le débiteur peut, en un clic, demander à parler à un conseiller ou, mieux encore, régulariser sa situation via une WebView sécurisée sans quitter la conversation.
Paiement intégré : vers le commerce conversationnel
Le véritable "game changer" est l'intégration du paiement natif. Nagi Moubareck (Google) et Yan Tamalet (Greenbureau) ont mis en avant la fluidité du parcours : l'utilisateur peut payer via Apple Pay ou Google Pay directement depuis son application de messagerie.
Orange va encore plus loin en testant le paiement sur facture opérateur. Ce mode de paiement, d'une simplicité extrême, a affiché un taux de conversion deux fois supérieur à celui de la carte bancaire lors de tests avec des associations caritatives.
IA et Digitalisation des appels : le futur proche
Le RCS ne se contente pas d'envoyer des notifications ; il devient un outil de Call Deflection (digitalisation des appels). Yan Tamalet explique que lorsqu'un client tente de joindre un service client saturé ou hors horaires d'ouverture, un RCS peut lui être envoyé automatiquement pour résoudre son problème en self-care ou via une IA conversationnelle intégrée.
Enfin, Google prépare l'intégration du RCS directement dans les résultats de recherche (Search). Un utilisateur cherchant le service client d'une marque pourra déclencher une conversation RCS d'un simple clic sur le moteur de recherche, capturant ainsi le lead au moment exact de son intention.
4 000% de croissance
Pour les panélistes, le constat est unanime : le RCS est devenu incontournable. Avec une croissance de volume de messages projetée à 4 000% dans les prochaines années en France, les entreprises doivent dès maintenant investir dans ce canal pour ne pas rater le virage du commerce conversationnel.
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